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Ce qui rend la comptabilité d'un restaurant particulière
Beaucoup de solutions comptables sont conçues pour des activités de service ou de conseil. La restauration cumule des spécificités qui les mettent en défaut.
La TVA à plusieurs taux. Sur une même addition peuvent coexister trois taux différents. Le repère à retenir : 10 % pour une consommation immédiate, sur place comme à emporter (plat chaud, menu, formule) ; 5,5 % pour un produit à emporter dans un contenant hermétique destiné à une conservation différée ; 20 % pour les boissons alcoolisées, qui doivent toujours être isolées sur le ticket, quel que soit le mode de consommation. Une caisse qui ventile correctement dès l'encaissement évite un retraitement manuel fastidieux.
Les pourboires. Leur traitement dépend de leur mode de perception : remis directement au personnel ou encaissés par l'établissement puis reversés. Les conséquences sociales et fiscales diffèrent ; demandez à votre expert-comptable de vérifier le régime applicable à votre organisation.
Les pertes et la casse. Denrées jetées, erreurs de commande, repas du personnel : ces flux sortent du stock sans générer de recette. Ils doivent être tracés, à la fois pour la comptabilité et pour piloter le coût matière.
Le coût matière. Ce n'est pas une obligation comptable mais l'indicateur de gestion central en restauration. Une comptabilité qui ne vous le donne pas mensuellement ne vous sert qu'à déclarer, pas à piloter.
Logiciel seul, expert-comptable, ou les deux
Le logiciel seul
Adapté à une structure simple, sans salarié, avec peu de flux. Vous saisissez, le logiciel produit les déclarations.
La limite : personne ne vérifie vos choix. En restauration, la ventilation de TVA et le traitement des pourboires laissent une place réelle à l'erreur, et ces erreurs se découvrent au contrôle.
L'expert-comptable seul
La sécurité maximale, et un interlocuteur qui connaît les ratios du secteur. Il vous dira si votre coût matière dérape avant que vous ne le voyiez.
La limite : le coût, et le décalage temporel. Un bilan annuel vous informe avec un an de retard.
La combinaison
En pratique, le plus répandu et souvent le plus efficace : un outil connecté à votre compte et à votre caisse pour le quotidien, un expert-comptable pour la révision, le bilan et le conseil. Le coût de l'expert baisse puisqu'il reçoit des écritures déjà propres.
Les questions à poser avant de choisir
Connaissez-vous la restauration ? Un cabinet qui suit des restaurants maîtrise la ventilation de TVA et les ratios sectoriels. Demandez des références dans le secteur.
Le bilan est-il inclus ? C'est la principale source d'écart entre le prix affiché et le coût réel : comparez toujours le tarif annuel complet, pas le seul abonnement mensuel mis en avant.
La caisse se connecte-t-elle ? Si votre logiciel de caisse remonte directement les ventes ventilées, vous supprimez une saisie entière.
Qui répond en cas de contrôle ? Un point rarement posé à la souscription, décisif le jour venu.
Questions fréquentes
Un expert-comptable est-il obligatoire ?
Non, aucune obligation légale pour une entreprise commerciale. Mais la complexité de la restauration et l'enjeu du contrôle rendent l'accompagnement fortement recommandé dès qu'il y a des salariés.
Quel budget prévoir ?
Il varie selon la forme juridique, le nombre de salariés et le volume d'écritures. Demandez plusieurs devis en précisant votre activité : les écarts entre cabinets sont importants.
Peut-on changer d'expert-comptable en cours d'exercice ?
Oui. Le prédécesseur doit transmettre les documents à son successeur. Prévenez avant la clôture pour éviter un exercice à cheval sur deux cabinets.